Santé osseuse : protéger son capital

Jusqu'à 20 % de densité osseuse peut se perdre dans les 5 à 7 ans qui suivent la ménopause, en silence et sans douleur. La bonne nouvelle : dépistage, renforcement musculaire et traitements ont fait leurs preuves. Encore faut-il savoir quoi faire, et quand.

L'os à la ménopause : ce qui se joue, et quand

La perte osseuse liée à la ménopause n'est pas régulière : elle s'accélère nettement autour des dernières règles. L'analyse de la cohorte SWAN montre que la perte de densité minérale osseuse se concentre dans une fenêtre encadrant la période des dernières menstruations (PMID 21976317). C'est ce qui rend cette période stratégique : c'est le moment où l'action a le plus d'effet, et c'est aussi celui où rien ne fait mal. L'ostéoporose est silencieuse jusqu'à la fracture.

Le dépistage

Les recommandations de dépistage par ostéodensitométrie (DXA) sont établies et régulièrement mises à jour, notamment par l'US Preventive Services Task Force (PMID 39808425) et dans le guide clinique de prévention et de traitement de l'ostéoporose (PMID 35478046). L'indication dépend de l'âge et des facteurs de risque : c'est une décision médicale, pas un examen à réclamer systématiquement.

Ce qui a le plus de preuves : la charge

L'essai LIFTMOR a testé chez des femmes ménopausées à faible densité osseuse un entraînement en résistance à haute intensité associé à des impacts, sous supervision : les résultats sur la densité osseuse et la fonction ont été favorables, avec une bonne tolérance dans un cadre encadré (PMID 28975661). Le message n'est pas « soulevez lourd tout de suite », c'est « l'os répond à une contrainte suffisante, et la marche seule ne suffit pas ». La progression doit être encadrée.

Prévenir la chute autant que la fracture

C'est souvent oublié : une fracture, c'est un os fragile et une chute. Une revue systématique avec méta-analyse montre que l'exercice réduit les chutes chez les personnes âgées, les programmes travaillant l'équilibre étant les plus efficaces (PMID 27707740).

Les traitements

Le traitement hormonal réduit le risque de fracture : dans le bras œstrogènes + progestatif de la Women's Health Initiative, la réduction des fractures a été démontrée (PMID 14519707), et la prise de position 2022 de la Menopause Society précise le cadre d'usage (PMID 35797481). Pour les traitements spécifiques de l'ostéoporose, la prise de position 2021 fait référence (PMID 34448749). Un point de sécurité important : l'arrêt du dénosumab expose à un rebond avec risque de fractures vertébrales. Ce traitement ne s'interrompt jamais sans relais planifié par le médecin (PMID 29105841).

Cette page est éducative. Aucun traitement de l'ostéoporose ne se commence ni ne s'arrête sans avis médical.

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